Les Tréteaux de Chalamala

Discours 2004

Saint Nicolas 2004 – Discours du dimanche 5 décembre 2004

Bulloises, Bullois,
Gruériennes, Gruériens et Amis de partout,
Chers «Toutes», chers «Tous», chers enfants,

Avec le retour de décembre et pour la 59ème année consécutive, Saint Nicolas apparaît avec sa cohorte céleste dans cette bonne Ville de Bulle, grâce à la complicité des Tréteaux de Chalamala.

Vous aurez sans doute remarqué que cette année, une nouvelle fois, ma venue était signalée dans le magnifique giratoire décoré par notre ami Roger et que mon arrivée ici s’est faite sur le carillon de notre ami Franck, ces deux-là, qui, à leur manière entrent dans la tradition et fêtent la venue de l’évêque de Myre. Je suis venu pour vous donner des conseils d’usage, vous dispensez mes largesses tout au long de mes visites et surtout pour passer en revue les évènements marquants de l’année. Exercice périlleux, tant aujourd’hui tout n’a pas la même valeur pour tout le monde ! Mais essayons tout de même !

Tout a commencé avec le chambardement gouvernemental : virage à droite avec Christoph et Hans-Rudolf et sortie de «Ruth» ! L’Assemblée fédérale a décidé qu’une seule femme suffirait à les représenter toutes. Malgré la manifestation de milliers de femmes contre la scandaleuse élection patriarcale, Joseph est catapulté quand même à la présidence de la Confédération.

Maigre consolation pour nos concitoyennes, majoritaires, avec le succès de taille sorti des urnes : après 59 ans de grossesse, les femmes obtiennent enfin une assurance maternité, par le forceps ! Et puis, plus près de vous, comme la cerise sur le gâteau, deux femmes dirigeront le canton en 2005 ! Le Grand Conseil sera présidé, l’année prochaine, par la Conseillère Communale touraine Anne-Claude… Demierre. C’est la première fois que ce mandat prestigieux échoit à une élue gruérienne.

Les bébés ont moins inquiété que l’étranger. Sur les naturalisations, la défaite a été sévère. L’efffet « Musulmans » a-t-il joué ? Le miracle de Saint Nicolas ne s’es pas produit ! Et pourtant, Saint Nicolas vient de Myre, en Asie Mineure, c’est à dire, en fait, de Turquie. Mais, je vous jure que mes papiers sont en règle ! Je me sens chez vous comme si j’étais chez moi. Rassurez-vous, je ne vais pas m’incruster. Depuis que j’ai acquis la sainteté, je ne fais plus que de brèves apparitions terrestres, chaque décembre.

Ceci ne doit pas nous faire oublier celles et ceux qui nous ont quittés au cours de cette année, pour qui Saint Nicolas a une pensée profonde. Je pense tout spécialement à Henri…Steinauer, notre Président d’honneur qui est parti sans bruit et en toute discrétion pour rejoindre Saint Nicolas si cher à son grand cœur. Evoquer Henri Steinauer, c’est dire tout son talent oratoire. C’était un redoutable débataire, qui n’avait pas son pareil pour faire passer ses idées et pousser ses coups de geules à l’occasion. Lui qui ne supportait pas les marchands du temple avait encore tout récemment pesté contre ceux qui voulaient tirer parti de la notoriété de Saint Nicolas en vendant du Père Noël à Bulle. Sache, cher Henri, que les Tréteaux de Chalamala et en particulier sa Compagnie de Saint Nicolas te sont infiniment reconnaissants pour ce que tu leur as donné. Ton rire communicatif résonne encore dans nos têtes.

Le berger Joseph -qui a jusqu’ici bien traversé les tempêtes, grâce à Babette- a pu accueillir, ému, le Pape lors de sa venue en Suisse. Des dizaines de milliers de personnes sont restées sous le charme du vieux lutteur fatigué. Jean-Paul II a été leur star « Peace and Love ». Ils ont eu pour lui le regard des fans et des groupies.

Autres grands «voyageurs-marcheurs», les Capucins ont définitivement quitté Bulle. C’est un tournant historique. Après 339 ans de présence en Gruyère, l’Ordre des Capucins s’est retiré de son couvent bullois de la place du Marché. Plus de 3 siècles de présence religieuse laissent des traces.

2004, ce sont de grandes «Bulles» de bonheur au pied du Moléson ! Ecoutez plutôt !

Bulle, Championne des villes romandes. La ville romande où il fait bon vivre, c’est Bulle ! Tel est le résultat du Palmarès 2004 où Bulle se distingue dans les domaines des conditions de vie et du dynamisme économique. Le Crapaud bullois peut bomber le torse, tout en espérant qu’il ne devienne pas aussi gros que le Taureau.

Ce Taureau bullois qui a pris la Tour d’assaut ! Bulle et la Tour-de-Trême se sont passé la bague au doigt. Les Tourains ont dit oui à la méga fusion avec Bulle. Ils ont ainsi vu plus loin, au-delà des bisbilles d’une campagne où les coups bas n’ont pas manqué. Voilà maintenant une grande «Bulle» de bonheur.

La Gruyère a inauguré son nouveau vaisseau scolaire, le CO de la Tour-de-Trême. Architecture contemporaine réussie, salles de classes modernes sans crucifix -malgré que la croix reste à travers le temps le symbole d’unité des chrétiens, le symbole phare- pour respecter le devoir de neutralité confessionnelle de l’école, moyens d’enseignement avec ordinateurs et beamers qui ont chassé le tableau noir. La nouvelle école plaît.

Plaisant aussi le spectacle « Si le monde existait » ! De la gym haute en couleur pour marquer le 150ème anniversaire de la FSG Bulle. Le gala a transformé la salle omnisports du Collège du Sud en un univers de rêve, coloré et vivant.

Autre présentation enchanteresse que celui que le Corps de Musique de la ville de Bulle a offert avec «Casanova», célèbre pour ses conquêtes. Le Corps de Musique a bien mérité les lauriers européens remportés à Strasbourg lors du 5ème concours international pour orchestres et ensembles, où, placé sous la baguette de Jacques Hürni, les musiciens ont interprété le «Poème du feu».

L’Amérique a été embrasée par une campagne virulente à l’issue de laquelle Georges W. a gagné le Jackpot. Cette mise en «Bush II» est une victoire qui ne va pas réconcilier nos «Amis… ricains». Alors qu’aux Etats-Unis, les vols privés dans l’espace deviennent réalité avec l’avion suborbital Space Ship One, le TGV s’est arrêté en gare de Bulle. Le train est une invention récente… ? C’est ce qu’on pouvait conclure avec le millier de personnes qui ont accueilli la rame futuriste. Puis ce sont quelque 400 compagnons de la Confrérie du Gruyère qui ont embarqué dans le joyau ferroviaire, direction Paris, où ils sont allés expliquer aux Français que, si c’est troué, c’est pas du Gruyère Suisse.

La place du Tilleul de Bulle est de nouveau digne de son nom. Un nouvel arbre a été replanté remplaçant celui qui, malade, avait tiré sa révérence. Sous un soleil printanier, le Tilleul a été célébré par les enfants des écoles. On peut lui souhaiter une vie heureuse dans une cité qui reste un havre de paix.

Une vie heureuse, c’est ce que l’on souhaite à Rosa Charrière, la fille du boulanger de la rue de Vevey, qui est entrée dans sa 100ème année. Droite comme un « I » et le sourire aux lèvres, elle espère bien vivre jusqu’à 105 ans.

Anniversaire encore. L’espace Trace-Écart a fêté ses 20 ans de vie militante. L’événement est célébré à travers une exposition festive de cartes postales. On peut constater qu’Hélène et Jacques Cesa ont la tête qui fourmille de projets.

Autre anniversaire enfin, celui de Michel Corboz. Le grand chef gruérien a célébré son 70ème anniversaire en interprétant la Passion selon Saint Mathieu de Bach, cette musique qui l’aide à vivre comme il le dit lui-même. Son vœu, son bonheur ? Michel Corboz répond simplement : « Continuer… ».

Et bien, continuer, c’est ce que nous allons faire, nous, la Compagnie de Saint Nicolas qui fêteront l’année prochaine notre 60ème anniversaire, qui marquera notre 60ème visite consécutive dans cette bonne Ville de Bulle. Mais, dans l’immédiat, j’aurai le plaisir de vous retrouver ce soir à l’Hôtel de Ville, où vous pourrez participer au loto et assister à une saynète originale intitulée «La bande des sept». Par la magie de la rencontre d’une espèce de lutin, ils accèdent au Paradis, où, après une épreuve de passage, ils rencontrent le patron des enfants en personne : Saint Nicolas ! C’est avec un plaisir toujours renouvelé que Saint Nicolas vient en Gruyère, à Bulle, pour vous rencontrer et vous distribuer ces fameux biscômes au miel du Paradis.

Et c’est sur le carillon de Frank que je vais prendre congé. Merci de votre fidélité. Merci encore de votre chaleureux accueil. Saint Nicolas vous serre contre son vieux cœur et vous dit à bientôt ! Un bon décembre, de bonnes fêtes, et à l’année prochaine.

Saint Nicolas vous bénit !
Saint Nicolas, Evêque de Myre

Par procuration : Jean-Bernard Tissot
Bulle, le 5 décembre 2004 / JBT