Les Tréteaux de Chalamala

Discours 2012

Saint Nicolas 2012 – Discours du dimanche 2 décembre 2012

Bulloises, Bullois,
Gruériennes, Gruériens et Amis de partout,
Chers «Toutes», chers «Tous», mes chers enfants surtout,

L’Hôtel de Ville en transformation ? Qu’importe, les Tréteaux de Chalamala font preuve d’innovation ! Une saynète en plein air et voilà la tradition vivante intégralement sauve. Restait une inconnue : le temps. Notre angelot « météo » Philippe nous avait prédit de la neige et un bon froid ; un « vrai temps » de Saint-Nicolas !

Quel heureux dénouement que cette légende des trois petits enfants ! Ainsi, Saint Nicolas a pu, par la magie du mystère, les tirer de ce mauvais cauchemar et leur permettre de retrouver leurs parents. C’est un des innombrables miracles attribués à Saint Nicolas. Elle est mystérieuse et merveilleuse, cette légende adaptée et revisitée par Jacques Tissot, mise en scène par Viviane Nidegger en collaboration avec Jo Oberson et avec la participation de la Maîtrise de St-Pierre-aux-Liens sous la direction de Bernard Maillard. Que d’émotions ! Que de bonheur ! Normal durant ce temps béni du périple de Saint Nicolas, qui apparaît avec sa cohorte céleste dans cette bonne Ville de Bulle pour la 68ème année consécutive. Et non ! Ce cher Claude Zurcher vous l’aura bien fait remarquer : point de SMS, pas de Twitter ni de page Facebook annonçant ma venue à grand son de trompe ! Saint Nicolas n’en a pas besoin puisqu’une nouvelle fois, vous étiez nombreux à patienter dans le froid hivernal pour m’accueillir. Et dieu sait que cet accueil chaleureux réchauffe le vieux cœur de Saint Nicolas !

Je suis venu pour vous donner les conseils d’usage, vous dispenser mes largesses tout au long de mes visites et surtout pour évoquer les évènements parfois tristes, parfois joyeux de ce pays que j’observe depuis mon paradis lointain.

En cette année 2012, décembre aura 5 lundis, 5 samedis et 5 dimanches ! Cela n’arrive qu’une fois tous les 824 ans ! Les chinois appellent cet évènement « le sac d’argent ». Des sacs d’argent, placés à Bulle, toutes provenances confondues, il y en a, à voir toutes les grues qui pointent le ciel et tous ces bâtiments qui sortent de terre comme des champignons après la pluie. Bulle grandit ; elle se sent pousser des ailes. « Normal ! », me direz-vous maintenant qu’un Airbus de la compagnie Swiss a été rebaptisé « Bulle ». Mais attention à trouver le juste équilibre entre densification à tout prix, espaces verts sacrifiés, qualité de vie, tranquillité, mobilité, parking supprimés, autant de sujets difficile à concilier, mais indispensable à traiter dans l’intérêt général bien compris.

Bien sûr, même si Saint Nicolas est apolitique de fait, il a toujours beaucoup de plaisir à suivre de sa lucarne paradisiaque ces théâtres tragi-comiques que nous offrent les élections. On nous a emmouscaillés pendant des mois avec les élections américaine et française au travers de reportages et articles en tout genre. Il faut bien avouer qu’ils nous laissaient songeurs sur la réelle maturité de ces deux nations, qui se veulent les gardiens du monde pour l’une, et de l’Europe pour l’autre. Deux théâtres guignols que mes angelots ont malicieusement intitulés « Le Mitt n’a pas réussi à casser la Barack » et « Le couronnement royal de François ». Plus près de chez nous, et beaucoup plus sérieux bien sûr, on retrouve Alain Berset au sommet avec son élection au Conseil fédéral. Plusieurs Gruériens et Bullois pure sucre ont été à l’honneur : Théo Savary à la présidence du Conseil général de la Ville, Christian Levrat s’installe dans le fauteuil de Sénateur, Jean-François Rime à la tête des Arts et métiers Suisses et Anne-Claude Demierre, la fée clochette, élue le même jour que Barack Obama. Mais pour Saint Nicolas, la comparaison s’arrêtera là ! Saint Nicolas se montre reconnaissant envers ces personnes qui se consacrent à la chose publique, mais il tient à les prévenir : gare aux erreurs dont on devrait avoir tiré les leçons il y a de cela plusieurs décennies ! Ne soyez pas trop sourcilleux avec les budgets en cette période difficile, la méfiance vous guette et risque d’entraîner colère et incompréhension populaires. Ne faites pas de l’austérité une religion, cette voie est jonchée d’arduités !

Et justement la rigueur n’affecte pas que l’Europe ! Votre Suisse tant enviée n’est pas immunisée contre ce virus qui se répand comme la peste. Pour sûr, les instances de l’Hôpital fribourgeois ne sont pas vaccinées non plus. Le site de Riaz provoque maux de tête et allergies, des symptômes causés par les rumeurs qui empoisonnent votre hôpital. Saint Nicolas a constaté que c’est un sujet sur lequel on lit dans les journaux tout un certain jour et son contraire le lendemain et où tous les protagonistes se rejettent la « patate chaude ». Saint Nicolas vous dit son attachement à votre hôpital qu’il visite depuis des décennies chaque 8 décembre pendant son périple terrestre et en appelle au bon sens. Comme vous le dites toujours, Père Fouettard, on n’est jamais trahi que par les siens. Les économies menacent aussi vos assurances sociales, il semblerait que le pianiste fribourgeois le plus connu se soit laissé « Berset » par des voix féminines jazzy pour improviser le sauvetage de l’AVS. La femme n’est plus seulement l’avenir de l’homme, mais aussi de l’AVS. Eh bien nous voilà ravis ! Quant à vous mes chers enfants, vous avez hélas perdu votre émission radiophonique fétiche. En effet, la RTS / La Première a revu sa grille de programmes et « Les Zèbres » et son animateur Jean-Marc Richard se sont fait couper le micro. C’est une aventure radiophonique qui aura duré douze ans pour votre plus grand plaisir même si vous n’avez pas toujours été politiquement correct. A en croire Jean-Marc Richard, entendre ce que vous aviez à dire en gênait certain.

Fort heureusement, il est des événements qui sont bien plus réjouissants que ceux-là. Saint Nicolas tient à féliciter quelques animateurs culturels de la région bien méritants. Ebullition a soufflé ses vingt bougies d’animation musicale, tandis que la plume de La Gruyère a fêté ses 130 ans de journalisme. Une mention toute spéciale pour Catherine Moret, qui a bâté l’âne Basile de Saint Nicolas pour la dernière fois après trente ans de bons et loyaux services. Saint Nicolas ne voudrait pas manquer de féliciter encore les metteurs en scène Théo Savary, Jérôme Maradan et Viktori Riedo, qui ont successivement monté de manière brillante les spectacles « Merlusse » de Yves Péneau, « Le magasin des suicides », d’après Jean Teulé et enfin « La mégère apprivoisée », comédie de William Shakespeare. Les Tréteaux de Chalamala ont une nouvelle fois contribué à l’enrichissement culturel de la région et mis le théâtre à la portée de tous ! Et puis, petite mention pour le Musée Gruérien, qui a inauguré son nouvel écrin, où même Saint Nicolas a trouvé une place de choix. Sur le plan sportif, malgré un compteur de médailles quelque peu grippé, Nicole, Roger, Steve et votre cher Jean-Marc Berset ont glané quelques succès sous les couleurs de la Suisse aux JO de Londres. Enfin, Solar Impulse, porteur des espoirs de l’écologie, a effectué son premier vol intercontinental et le CERN a percé l’un des mystères de l’Univers avec la découverte d’une nouvelle particule qui serait le boson de Higgs, baptisé la « particule de Dieu » ; cela me fait dire que les humains sont décidément toujours à fouiner dans les affaires du Paradis.

C’est sur cette note positive que Saint Nicolas et sa cohorte céleste vont prendre congé de vous. C’est avec un plaisir toujours renouvelé que Saint Nicolas vient en Gruyère, à Bulle, pour vous rencontrer. Dans l’immédiat, j’ai le plaisir de vous inviter à venir me rejoindre pour que je puisse vous remettre un de ces fameux biscômes au miel du Paradis, qui vous permettra de passer l’hiver sans encombre.

Merci de votre fidélité et de votre chaleureux accueil. Saint Nicolas vous serre contre son vieux cœur et vous dit à bientôt ! Un bon décembre, de bonnes fêtes, et à l’année prochaine.

Saint Nicolas vous bénit !

Saint Nicolas, Evêque de Myre,

par procuration : Jean-Bernard Tissot

Bulle, le 2 décembre 2012 / JBT